Mathieu est tellement fier ! Il a enfin obtenu son premier vrai emploi comme soudeur.

Le premier matin, on lui fait visiter les lieux, rencontrer ses collègues, son superviseur. Il reçoit le manuel de l’employé et le programme de prévention, les lit attentivement, les signe.

Notre soudeur est content : il y est dit que le président a à cœur la santé et la sécurité de ses employés. Il les encourage même à apporter leurs suggestions. Wow ! Quelle belle entreprise !

Au cours de la première semaine, Mathieu remarque que les employés ne portent pas beaucoup leurs lunettes de sécurité, car le modèle est mal adapté pour les tâches à faire. Il observe également que les panneaux électriques sont encombrés, car le dépôt de métal est juste à côté et il n’y a pas de rangement déterminé.

Il va voir son superviseur afin de le lui faire remarquer et suggère une solution. Le superviseur l’écoute sans rien dire, l’air absent, et lui marmonne qu’il regardera ça. Deux semaines passent, pas de changement. Mathieu revient à la charge auprès de son superviseur, qui se fâche et lui dit qu’il a autre chose à faire. Mathieu n’a qu’à aller travailler ailleurs si ça ne lui convient pas !

Mathieu retourne travailler, le cœur gros. Finalement, on ne considère pas les employés tant que ça, dans cette entreprise.

Et paf !

Que pensez-vous qu’il se serait passé si le superviseur de Mathieu avait accueilli sa suggestion avec enthousiasme ? Que les changements avaient été apportés ? Ou même si on lui avait fait un suivi, juste pour lui dire que ça avait été mis à l’agenda de la maintenance ?

Notre Mathieu, tout fier, aurait eu envie de s’impliquer. Cela aurait renforcé son sentiment d’appartenance, de loyauté. Il aurait dit autour de lui à quel point son employeur était une bonne entreprise.

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La mobilisation, c’est quoi ?

Les employés mobilisés sont ceux qui sont impliqués émotivement, enthousiastes et engagés dans leur travail et contribue à leur entreprise d’une manière positive (Gallup 2013). Ce sont ces employés qui induisent l’innovation, la croissance et les revenus nécessaires à la survie de l’organisation. En contexte de pénurie de main d’œuvre, c’est une façon de faire plus avec moins. Si vous voulez un ordre de grandeur, la proportion d’employés engagés à travers le monde est en moyenne de 13%.

Renforcer la mobilisation avec la SST

1. Envoyer un message clair de respect

Quand un employé adresse une demande SST, il exprime soit une crainte par rapport à son milieu, soit un irritant dans son travail. Ne pas y donner suite revient à dire : «je ne te considère pas ».

2. Déraciner les irritants au travail

Avant d’être un accident ou une maladie, un risque a bien souvent été un irritant dans le travail de votre employé. C’était une petite ou une grande frustration qu’il vivait, jour après jour.

3. «Tu m’écoutes, je t’écoute» : rendre la collaboration réciproque

Je t’écoute quand tu me fais une demande, mais tu m’écoutes quand je t’explique le niveau de priorité donné à ta demande. On ne peut pas régler la situation maintenant, ou la solution proposée n’est pas envisageable ? Ça s’explique. Quand l’écoute est bonne, le message passe mieux. L’écoute et la communication sont d’ailleurs les vecteurs principaux de la mobilisation, tel qu’il l’a été à maintes reprises mentionné lors de l’atelier collaboratif «Mobilise-toi», organisé par STES Services Conseils le 6 novembre dernier.

4. Reconnaître et valoriser

En considérant leur point de vue, vous leur offrez la possibilité de participer, vous leur témoignez de la considération et vous soulignez leur à quel point leur apport est important dans leur milieu de travail. Qui peut refuser ça ?

La SST, pas juste une question d’usine

On conçoit souvent la santé et sécurité au travail en termes de mesures pour des chantiers ou des usines de pétrochimie. Or, chaque milieu de travail comporte des risques. De multiples actions sont possibles :

  • Déglacer l’entrée l’hiver pour que Rima n’y glisse pas;
  • Donner une meilleure lampe à Claude afin de diminuer ses maux de tête à l’ordinateur;
  • Discuter de gestion de stress avec l’équipe du service à la clientèle en période de pointe;
  • Encourager ses collègues à prendre une vraie pause sur l’heure du dîner et aller marcher;
  • Demander l’avis de la personne qui occupera un nouveau bureau au sujet de ses besoins;

Ok, mais je n’ai pas les moyens de donner suite aux demandes de tout le monde !

Un employé vous souligne un problème, mais la solution est moins applicable ? On discute de la chose en comité SST, afin de trouver une solution qui convienne à tous. Ensuite, on évalue le niveau de priorité et on le met dans le plan d’action, classé avec d’autres actions. Et on communique le plan d’action. «Ce sera fait sous cette forme, mais à ce moment, car il y a ça qui urge plus en ce moment». Ça se dit, ça s’explique !

La valeur ajoutée de la SST en ressources humaines

Mettre en place des mesures afin de protéger la santé et la sécurité des travailleurs est une obligation légale, mais c’est aussi une question de gros bons sens, pour qui entend améliorer la rétention et l’attraction de ses employés, en plus d’envoyer un message clair: on vous respecte.

La SST est souvent perçue comme un centre de coûts, mais lorsque bien gérée, c’est un excellent investissement et un formidable outil de mobilisation du personnel !

 

Mon nom est Marie-Eve Champagne, je suis spécialiste en Santé Sécurité Mieux-Etre au travail et j’aide les gens à mieux travailler depuis près de 12 ans.

 

Références:

GALLUP, «State of the Global Workplace: Employee Engagement Insights for Business Leaders Worldwide», 2013, https://www.gallup.com/services/176735/state-global-workplace.aspx

«Mobilise-toi», STES Services Conseils,  https://www.stesconseils.com/ateliers-et-conferences, 6 novembre 2018.

 

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