Les récentes crues printanières ont secoué le sud du Québec et ont forcé l’évacuation de centaines de personnes. Ces inondations liées aux changements climatiques ne seront donc malheureusement pas chose du passé.

Comme individu et famille, tout le monde travaille à sa façon à réduire son empreinte écologique, comme en fait foi la montée du compostage, du Zéro déchet, de l’économie circulaire.

Mais pourtant, la plupart des compagnies continuent leurs opérations quotidiennes sans se questionner de quoi sera fait demain.

Pour les entreprises, le dilemme semble insoluble : d’un côté, des décisions d’affaires sensées. De l’autre, l’intégration d’actions préservant l’environnement et luttant contre les changements climatiques, potentielle sortie d’argent sans retour sur investissements.

Et si les deux étaient compatibles ?

De récentes études ont mis en lumière notamment des bénéfices au niveau de la gestion des ressources humaines.

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Crédit photo: Marc Mueller – Pixels

Pourquoi intégrer l’écoresponsabilité dans la gestion de ses ressources humaines ?

Augmenter la santé et le mieux-être physique et psychologique des employés

De façon générale, pour une entreprise, les coûts de personnel sont les plus élevés, représentant 82% de ses dépenses. Ces coûts sont grossis par l’absentéisme, les coûts d’invalidité, le taux de roulement et le manque de productivité.

Investir dans des environnements de travail plus écologiques a des effets positifs sur la santé physique et psychologique des travailleurs.

Or, des études récentes ont démontré que, de façon générale, les employés travaillant dans des bâtiments écologiques présentaient un degré de satisfaction et d’engagement plus grands que ceux travaillant dans des bâtiments traditionnels, ainsi qu’une meilleure performance.

Pourquoi ?

Le terme «bâtiments verts» réfère à des bâtiments qui ont obtenu des certifications telles que LEED, BOMA-BEST ou WELL. La construction et la maintenance de ces bâtiments sont réalisées selon des normes strictes concernant la gestion des contaminants et des  déchets, réduction des gaz à effets de serre, gestion des produits dangereux, encouragement du transport actif, saine nutrition, etc. Jusqu’à maintenant, on voyait des bénéfices liés à la réduction des dépenses énergiques.

Désormais, les études démontrent que les bénéfices pour une entreprise vont plus loin que ça, car de façon générale, les gens travaillant dans des bâtiments verts se déclarent plus satisfaits de leur environnement de travail. Ils ont une perception plus positive de leurs employeurs et bénéficient d’un milieu avec des conditions optimales.

Les bâtiments certifiés WELL doivent, entre autre, réintroduire davantage de végétation, offrir des aliments plus sains et même accorder l’éclairage aux cycles circadiens des employés.

Traduction : les employés sont heureux des initiatives vertes de leur employeur et tendent à répondre en en donnant plus. On en revient à la notion que se préoccuper d’outiller les employés et de pourvoir les meilleures conditions de travail possibles influencent positivement l’engagement et la façon dont les employés perçoivent leur organisation.

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Crédit photo: Lum3n.com – Pexels

Augmenter la productivité

De plus, une autre étude a testé les fonctions cognitives d’employés œuvrant au sein de bâtiments certifiés verts. Ces derniers ont mieux réussi les tests de fonctions cognitives, à 29,6% plus élevés que ceux œuvrant dans des bâtiments conventionnels.  Ils rapportaient un meilleur confort thermique, une meilleure qualité de sommeil et ils étaient 30% moins affectés par le syndrome des édifices fermés.

Améliorer la santé psychologique

Un travail qui fait du sens et qui rejoint nos valeurs est un atout important pour le maintien d’une bonne santé psychologique.

Puisqu’on aborde la santé mentale, il ne faut pas négliger de parler de climato-anxiété, qui touche de plus en plus de gens, surtout les jeunes. Elle se décrit comme une forme de détresse existentielle causée par les changements environnementaux. Une étude récente a révélé que 70% des Américains de 18 à 34 ans se disent inquiets du réchauffement de la planète. Les Américains de 55 ans et plus étaient inquiets à 56%.

Prôner l’environnement : attirer et retenir les Millénariaux

En 2025, les Millénariaux formeront 75 % de la main d’œuvre active. Ils forment une génération (ainsi que les générations suivantes) très sensibles à cette question, comme en témoignent les récentes grèves et prise de position. La jeune Greta a allumé une étincelle qui s’est transformée en brasier.

71 % des (18-34 ans) souhaite travailler pour une entreprise qui partage leurs valeurs.

« Ceux que l’on reçoit nous posent systématiquement des questions sur le type de management exercé et sur nos actions en matière de respect de l’environnement », témoigne Isabelle Bourgeois Potel, chef du département emploi et carrière chez Arcelor. « Ils cherchent à vérifier que l’on met bien en pratique les valeurs que l’on affiche. »

Pour les prochaines années, vous devrez faire avec ou sans Millénariaux. Cela implique donc pour une entreprise de se soucier de l’environnement de façon probante.

Et si je vous apprends ceci aujourd’hui, c’est que vous n’êtes pas à l’écoute de votre jeune génération.

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Photo by Scott Webb from Pexels

Comment intégrer l’écoresponsabilité ?

Une foule d’action sont possibles, allant de la transformation en profondeur des opérations jusqu’à l’instauration du recyclage. En voici quelques exemples :

  • D’abord et avant toute chose, une prise de position ferme et visible de la haute direction sur la question.
  • Accueillir les suggestions des employés et y aller d’abord avec leurs préoccupations majeures.
  • Repenser les processus, les modes de transports, voire même les produits. Dans un monde envahis par le plastique, on a tout lieu de penser que l’avenir n’est pas à la production d’objets à usage unique.
  • Opter pour une certification de bâtiments durables, bénéficiant d’un retour sur investissement immobilier à long terme.
  • Encourager le transport actif (marche, vélo, transport en commun). Des bénéfices certains sur la santé globale de vos employés sont à prévoir.
  • Permettre la flexibilité d’horaire afin de réduire le trafic et l’émission de gaz à effets de serre.
  • Cesser de fournir des bouteilles d’eau de plastique et encourager l’utilisation de verres ou de bouteilles réutilisables.
  • Lors des activités sociales de l’entreprise, choisir des options réduisant les déchets et le gaspillage alimentaires. De plus en plus d’entreprises le font.
  • Se préoccuper des déchets et rejets. Vos fiches de données de sécurité (SIMDUT 2015) contiennent désormais une section sur la façon d’éliminer les produits tout en préservant l’environnement.
  • La SAQ et Ricardo Média effectuent la livraison de paniers bio en milieu de travail, encourageant ainsi la discussion sur la saine nutrition et l’importance des produits locaux.
  • Instaurer un comité vert en milieu de travail : démontrer votre engagement et ouvrer la discussion avec vos employés sur la façon de réduire votre empreinte environnementale, comme Bain Magique et Optel.

Dans un récent article, Nicolas Duvernois, le PDG de PUR Vodka, indiquait selon lui les 10 commandements de l’entrepreneur. Le 3e va vous surprendre :

En tant qu’entrepreneur, vous avez la responsabilité de limiter au maximum votre empreinte écologique. À quoi bon réussir si on n’a pas de futur? Pour vous simplifier la vie, faites de l’environnement une priorité dès le début de votre plan d’affaires. Être plus vert n’est pas une mode, c’est une question de survie.                                         – Nicolas Duvernois, Pur Vodka

Les changements climatiques représentent une menace à l’économie et à la survie des entreprises. Se préoccuper d’environnement dès maintenant est plus qu’une tendance : c’est une nécessité.

Et ça commence par calculer combien vous coûtera un déménagement à la sauvette si votre bâtiment se retrouve les pieds dans l’eau, l’année prochaine.

Mon nom est Marie-Eve Champagne, je suis spécialiste en Santé Sécurité Mieux-Etre au travail et j’aide les gens à mieux travailler depuis près de 12 ans.

Un merci tout spécial à Mylène Champagne, MBA spécialisé développement durable, et experte en responsabilité environnement.

 Références:

ALLIMAN, Marie «Utiliser la certification WELL pour le bien-être des employés», NOVAE, 7 février 2019, https://novae.ca/2019/02/utiliser-la-certification-well-pour-le-bien-etre-des-employes/

CHERMANN, Elodie « Jeunes diplômés : « Je ne me vois pas consacrer trente-cinq heures par semaine à un boulot qui ne respecte pas mes valeurs »», Le Monde, 29 mars 2019, https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/03/29/jeunes-diplomes-je-ne-me-vois-pas-consacrer-trente-cinq-heures-par-semaine-a-un-boulot-qui-ne-respecte-pas-mes-valeurs_5443404_4401467.html

DUVERNOIS, Nicolas « Les 10 commandements de l’entrepreneur», Les Affaires, 12 février 2019, https://www.lesaffaires.com/blogues/nicolas-duvernois/les-10-commandements-de-l-entrepreneur/608176

ITIER, Christophe, «La prochaine révolution des entreprises sera sociale et écologique» Forbes France, 20 mars 2019, https://www.forbes.fr/business/la-prochaine-revolution-des-entreprises-sera-sociale-et-ecologique/

Newsham, Guy R.; Veitch, Jennifer A.; Hu, Vera, «Effects of green building certification on organizational productivity metrics», Research Report (National Research Council Canada. Construction), 2017-03-29, 31 p.

MacNaughton, P.; Satish, U.; Cedeno Laurent, J.G.; Flanigan, S.; Vallarino, J.; Coull, B. ; Spengler, J. D.; Allen, J. G. 2017. The impact of working in a green certified building on cognitive function and health. Building and Environment, 114, pp. 178–186. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0360132316304723

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